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par Oriane CORNUOT
La soirée débute avec la fracassante entrée d’Angela Laurier, première artiste à se produire. Sa performance décalée alterne contorsions et projections autour de la folie. Façon road-moavie, elle nous présente sa famille. Face à cet accent québécois très prononcé, l’incompréhension nous submerge. Quelques répliques glanées à force laissent pensifs : "Faire des enfants, c’est perpétuer la misère…". Alors, nous compatissons face à la férocité des contractions si bien simulées par Angela Laurier, qui nous fait oublier ses frère et père dépressifs et skyzophrènes.
Après un entracte vient Game Play, où Benjamin Aliot-Pagès est confronté à un environnement lumineux et sonore sensible. Au contraire d’Angela Laurier, sommairement vêtue, qui donnait à lire l’effort sur son corps, le danseur est engoncé dans un sportwear. Il interagit avec les simulations dynamiques projetées au sol, sautant dans des cercles, évitant des projectiles. Les épreuves physiques entre pas chassés et roulades s’éternisent et se répètent. C’est dans la seconde moitié de cette exploration que nous devenons tributaire de ces minutes où l’artiste s’immobilise interminablement. Les rires nerveux communicatifs se répercutent dans la salle. Si l’idée du langage gestuel dépouillé dans un univers proche de celui des jeux vidéo était s’éduisante, les applaudissements sont pourtant mitigés et une récupération s’impose après tant de résistance.