Vous êtes ici : Le journal > Archives > Articles

The Fly (Erik Truffaz et Sly Johnson) + Electrod - Jeudi 19 mars 2009

Compte-rendu de Marie Hérault

Poésie Urbaine

« Cris, rires, engueulades, une bouteille qu’on fracasse, un chien qui gueule, une radio qui jappe. Bruits, flashs, sexes à fleur de peau. Tournez à la prochaine. Petites rues, ruelles, le bruit devient fond sonore au loin pour insomniaques. Chats qui miaulent, la ville ronronne. Maisons, cours gazonnées, soupirs, gémissements par la fenêtre, ronflements. La ville, la nuit. »*

Electrod

Chanteur réaliste et poètes d’aujourd’hui. Slam, un peu ; conte, beaucoup : Electrod raconte des histoires. La voix gouailleuse et abrupte du chanteur Lolo rappelle la rue et les ambiances de bars enfumés. Elle rappelle aussi la ville et ses visages, sa pudeur et parfois son cynisme. C’est un équilibre précaire fait de jazz et de sons plus rudes : déroutant et inhabituel.

The Fly (Erik Truffaz et Sly Johnson)

Derrière les murs épais, gris et tagués, bat le cœur de la ville. Entre résonnances métropolitaines et Human Beat Box, EriK Truffaz et Sly Johnson ont proposé un spectacle aux échos minimalistes et essentiels. Quand trompette et voix se réchauffent mutuellement, ils parviennent à distiller un plaisir d’une grande simplicité. Il s’agit pourtant d’une machine bien huilée et complexe où les artistes se font techniciens, et la technique, cuisine ou laboratoire. La tambouille musicale se fait devant les yeux du spectateur, on imagine donc que le plaisir et les sonorités se font nouveaux à chaque concert. Battle entre les acrobaties vocales et la batterie : un affrontement tout en vitesse, dextérité et puissance. La trompette réunit alors les deux combattants et les réconcilie pour une nouvelle transe encore plus démente. Et soudain, tout devient grâce et subtilité, le velours soul de la voix s’enroulant à la sensualité chaude des instruments. Un regret cependant, si la voix de Sly Johnson est mise en valeur, Erik Truffaz quant à lui, s’est un peu trop effacé.

La ville… « C’est beau une ville la nuit, c’est comme un poème obscène. »*

* Extraits du poème de Pierre Rivet « Une ville, la nuit ».