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Rappel des faits : Quelque 200 élus ont demandé mardi 22 novembre au ministre de la Justice d’envisager des poursuites contre sept groupes de rap, accusés d’incitation à la violence, presque un mois après le déclenchement des émeutes. Le député UMP de Moselle François Grosdidier a déposé mardi six questions écrites au ministre de la Justice, auxquelles se sont associés 152 députés et 49 sénateurs en majorité de droite, contre Monsieur R, le chanteur Smala, le groupe Lunatic (dissous depuis plusieurs années), le groupe 113, les rappeurs Fabe et Salif ainsi que le groupe Ministère Amer. "Nous avons interpellé le Garde des Sceaux sur la chanson FranSSe de Monsieur R et six autres chanteurs ou groupes de rap qui incitent à la haine et au racisme", a-t-il déclaré. Le député avait déjà déposé une question écrite à l’Assemblée nationale à l’intention de Pascal Clément en août, concernant Monsieur R., de son vrai nom Richard Makela.
Suite à cela, le MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples) a publié en ligne un article proposant des extraits de chansons qui elles mêmes auraient pu faire l’objet de poursuites en leur temps, mais heureusement ce ne fut pas le cas. Nous proposons ici ces extraits. Pour lire l’article du MRAP en entier, cliquez ici
Léo Ferré, Words Words Words
Ils ont voté Ils ont voté
Comme on prend un barbiturique
Et ils ont mis la République
Au fond d’un vase à reposer
Les experts ont analysé
Ce qu’il y avait au fond du vase
Il n’y avait rien qu’un peu de vase
J’ai la mémoire hémiplégique
Et les souvenirs éborgnés
Quand je me souviens de la trique
Il ne m’en revient que la moitié
Et vous voudriez que je cherche
La moitié d’un cul à botter ?
En ces temps on ne voit pas lerche...
Ils n’ont même plus de cul, les français !
Ils ont voté... et puis, après ? De Léo Ferré
C’est un pays qui me débèqu’te
Pas moyen de se faire anglais
Ou suisse ou con ou bien insecte
Partout ils sont confédérés...
Faut les voir à la télé-urne
Ces vespasiens de l’isoloir
Et leur bulletin dans les burnes
Et le mépris dans un placard
Dans une France socialiste
Je mettrais ces fumiers debout
A fumer le scrutin de liste
Jusqu’au mégot de mon dégoût
Et puis assis sur une chaise
Un ordinateur dans le gosier
Ils chanteraient la Marseillaise
Avec des cartes perforées
Georges Brassens, Hécatombe
En voyant ces braves pandores
Etre à deux doigts de succomber
Moi, j’bichais car je les adore
Sous la forme de macchabées
De la mansarde où je réside
J’exitais les farouches bras
Des mégères gendarmicides
En criant : "Hip, hip, hip, hourra !"
Renaud, la chanson du loubard
J’suis un loubard périphérique
J’en ai plein les bottes de ce bled
Le France est une banlieue merdique
Comme dit mon copain Mohamed
Aux flics
Aux flics
Renaud, Où c’est qu’j’ai mis mon flingue ?
Les marches militaires, ça m’ déglingue
Et votr’ République, moi j’ la tringle,
Mais bordel ! Où c’est qu’ j’ai mis mon flingue ?
D’puis qu’on m’a tiré mon canif,
Un soir au métro Saint Michel,
J’ fous plus les pieds dans une manif
Sans un nunchak’ ou un cocktail
A Longwy comme à Saint Lazare,
Plus de slogans face aux flicards,
Mais des fusils, des pavés, des grenades !
Gueuler contre la répression
En défilant " Bastille-Nation "
Quand mes frangins crèvent en prison
Ça donne une bonne conscience aux cons,
Aux nez-d’bœux et aux pousse-mégots
Qui foutent ma révolte au tombeau.
Maxime le Forestier, Parachutiste
Tu avais juste dix-huit ans
Quand on t’a mis un béret rouge,
Quand on t’a dit : "Rentre dedans
Tout ce qui bouge."
C’est pas exprès qu’ t’étais fasciste,
Parachutiste.
Alors, de combat en combat,
S’est formée ton intelligence.
Tu sais qu’il n’y a ici-bas
Que deux engeances :
Les gens bien et les terroristes,
Parachutiste
T’ as rien perdu de ton talent,
Tu rates pas une embuscade
Mais comme on n’ tire pas vraiment,
Tu trouves ça fade.
C’est pt’êt pour ça qu’ t’ as les yeux tristes,
Parachutiste.
Mais si t’ es vraiment trop gêné
D’être payé à ne rien faire,
Tu peux toujours te recycler
Chez tes p’tits frères.
J’ crois qu’on engage dans la Police,
Parachutiste.
Brel : au suivant :
Je jure sur la tête de ma première vérole
Que cette voix depuis je l’entends tout le temps
Au suivant au suivant
Cette voix qui sentait l’ail et le mauvais alcool
C’est la voix des nations et c’est la voix du sang
Au suivant au suivant