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Leila + Filastine - Mardi 10 février 2009

Soirée SM, soirée stupidement mitigée

Amateur de cuir et de cravache passe ton chemin, ce qui suit ne te concerne absolument pas. Quoique…

Filastine

Boucles et vibrations de béton, sons urbains et résonances dures emmêlés de cordes et d’instruments traditionnels, de mélopées répétitives : ça cogne et ça fait mal. Images de billets, de déchetterie, de supermarché, de milliers de gens, de la rue, de manifestations, de conflits armés. Et toujours cette musique qui bat, entêtante. Ondes visuelles et sonores, percutantes. Traitement (photo)journalistique de la noirceur : c’est lisse et criant à la fois. On ne peut s’empêcher de regarder l’écran, et d’être capté par cette musique aux rythmes de révolte, toujours lancinante, tribale, et grave. C’est presque éprouvant, tant le bruit est fascinant. C’est stimulant et douloureux comme une vraie gifle, on en ressort épuisé.

Leila

Nappes cristallines et fantasmagories, douces extravagances électroniques et soul. Bouffées de mélancolie et visions de contes, collaborations trainantes et ténébreuses telles un poison… Ahhhhh ce set partait comme un poème étrange et formidable. Mais que s’est-il passé alors ? Un son physiquement difficile à supporter et des coupures malvenues. Après avoir tenté les bouchons d’oreille, malheureusement inopérants, mon cœur n’y tint plus, mes mollets se dérobant et le contenu de mon estomac étant proche de les imiter, je pris mes jambes à mon cou et fuis ce lieu de perdition… des tympans. L’amour de la musique est parfois bien vache.

Concert et ressenti stupidement mitigés, donc. L’amour qui fait mal et qui fait vibrer, oui, le massacre et la déception qui s’ensuit, non.