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par Marie HERAULT
Comme une âme en peine, j’erre, solitaire… abandonnée de tous… Mon gazier est parti écouter Bashung ; mes potes, les scélérats sont loin de moi. Je suis donc seule. ÔÔÔÔÔÔÔ (main sur le front, cheveux dans le vent, figée dans l’attitude du poète maudit)… Ô rage, ô désespoir, ô T.V. ennemie ! Il ne sera pas dit que je resterai sur mon canapé ce soir : j’ai un super copain qui m’attend à l’autre bout de la ville. Et ouais, le hip-hop c’est mon ami, vous aussi, vous aussi, c’est notre ami commun, dans le rap on est tous copains*.
NOUVEL R :
Mon voisin monsieur M. se plaint tout le temps et déteste la terre entière. Dans ses meilleurs jours, il se contente d’attacher ses poubelles à de grosses chaines et cadenas de peur qu’on les lui vole ; dans les plus mauvais, il repeint les bagnoles de ses voisins (dont la mienne). J’aurais bien aimé l’inviter ce soir pour qu’il rencontre des gens qui parlent de lui. Les Nouvel R se font tour à tour témoins ou conteurs de tranches de vie, des chroniques du temps présent, des victimes, des nombrilistes, des méchants, des grands… Je n’ai pas tout compris, les voix se perdant dans les basses, c’est un peu dommage. Il y a du théâtre dans ce concert, c’est visuel, ça pète, ça frappe, c’est chouette. De belles parenthèses instrumentales, beat et violoncelle, c’est un peu de poésie aussi, merci.
DJ VADIM :
L’air de rien, il s’avance, propose des mélodies chaudes, façon tropicale. Le public ondule sans même s’en rendre compte. Vadim passe à l’étape suivante, ça roucoule un peu moins, c’est un peu plus dur. Et là ! Il sort son atout, il achève de séduire son auditoire : un petit bout de nana déambule et traverse la scène de long en large. Chapio gangsta de travers, pum-pum short, et coupe afro. Elle ouvre la bouche, et je me prends une claque… qui fait du bien, mais du bien (comment ça, je suis masochiste ?) Elle a mis un tigre dans son moteur, elle rugit, elle a un sacré débit ! Et puis elle a aussi ce petit grain dans la gorge, plein de sensualité qui fait le miel et la douceur. Vadim, l’orfèvre, sait se placer en retrait, mettre en valeur un diamant brut, Kathrin Deboer (from New York). C’est court mais intense, ça a le goût de « c’est trop peu » et de « oh oui encore »… A bah zut, c’est déjà fini !
Retour au bercail, je ne me sens plus seule du tout, j’ai passé une soirée entre amis, entre gens de bonne compagnie. Ben ouais : le hip-hop c’est mon pote* !
* Petit emprunt à l’Atelier, « le Hip Hop c’est mon pote ».