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Alice Russell + Dinner at the Thompson’s - Mercredi 25 février 2009

Article de Marie HERAULT.

Des filles qui en ont…

Elles sont admirables, belles, modernes, volontaires, pleines de fougue et de talent. À quelques encablures de la journée de la femme, en voilà deux qui à l’instar de quelques grandes divas de la soul s’imposent et en imposent.

Qu’il s’agisse de Lucille, la chanteuse de Dinner At The Thompson’s, ou d’Alice Russell, ces filles ne font pas dans la guimauve et dans le sirupeux. À trop souvent jouer sur les clichés, on frôle souvent l’overdose... Et le mauvais goût. Qui a dit que pour être sensuelle et féminine, il fallait à tout prix afficher une poitrine dépassant le 90D (ou E… ou F ?), être une femme-enfant, ou une donzelle z’irréelle et diaphane, se trimballer en bikini ou avec une mercobenz, produire des trémolos et des effets de voix qui durent souvent plus longtemps que la chanson elle-même, jouer pour soi et seulement soi en oubliant totalement ses musiciens et le public ? Et si certains pensent encore que : « Le tout n’est pas d’avoir une jupe, c’est d’avoir quelque chose dans la tête » (si, si ! Il y en encore qui pensent comme ça aujourd’hui ! À vos claviers et à vos journaux, petits curieux !) Alice Russell et Lucille de Dinner At The Thompson’s sont la preuve vivante qu’on peut porter la jupe et avoir la tête (très) bien faite. Elles ne jouent pas dans le même registre, il y a pourtant de nombreuses passerelles. Si Lucille est plus urbaine, Alice est plus sophistiquée. L’une a la gouaille, l’autre la nonchalance et la classe. L’une est jazz, l’autre, soul. Et en une pirouette, Blam ! Bloum ! Blam ! Tout est inversé ! Ce qui est sûr : elles se retrouvent dans cette énorme complicité avec leurs musiciens. Maman se la pétait un peu le jour ou elle m’a transmis (avec amour, il est vrai) ses plus beaux vinyles d’Aretha, Nina, Gloria et Donna. C’est donc avec émotion qu’Alice, Lucille et bien d’autres les rejoindront sur mon tourne-disque. Et que je pourrai me la péter à mon tour. Et c’est alors que dans un moment poignant, dans un grand vent prophétique et la main sur le front, je dirai moi aussi à ma fille : « Vois : elles sont admirables, belles, modernes, volontaires, pleine de fougue et de talent. Elles en ont, quoi ! »